A

Marie

Mancini

mancini

Vos saisons ne sont plus, ni l’escadre au rempart,
Et des siècles éteints vous n’êtes plus qu’une ombre,
La mémoire d’un nom dans l’accorte pénombre,
Près d'un vieil escalier ne menant nulle part.

Là, les plaintes du vent sont vos chagrins épars,
L'élégie des esprits qu'aucune vie n'encombre;
Ah ! Marie ! Cet instant, juste avant la nuit sombre,
Où vos songes d'amour récusent les champarts;

Voir ce ciel naufragé où, sitôt sa descente,
Le soleil vous confie à l'étoile naissante
Où règne encor celui que vous avez aimé.

On se prend à rêver votre image dormante:
Là-bas, sur le marais désert et embrumé,
C'est la geste d'un roi, ou l'eau qui se lamente.


                                 Emile Ducharlet

                                     (Extrait de "Brouage en Poésie" - A paraître)